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« Ding Dong, Thatcher’s Gone »

Le décès de Margaret Thatcher, annoncé aujourd’hui par son porte-parole, fera probablement, dès ce soir, le bonheur des barmen de Liverpool.

Plusieurs supporters du club de football de cette ville emblématique de la classe ouvrière britannique avaient promis, en septembre dernier, de « faire la fête », sitôt la nouvelle proclamée. L’éventualité d’une telle réjouissance avait divisé et suscité le débat parmi les habitants de Liverpool.

En cette rentrée 2012, une commission d’enquête avait justement remis son rapport sur le drame de Hillsborough : en avril 1989, 95 supporters avaient péri lors d’un mouvement de foule survenu dans la stade de football. Les enquêteurs missionnés par Gordon Brown avaient conclu à la responsabilité des services de police qui avaient, à l’époque, accusé les supporters et obtenu le soutien du gouvernement Thatcher. Il s’agissait là d’un double mensonge, policier et d’Etat. L’actuel Premier ministre a depuis présenté ses excuses aux familles des victimes.

Lors d’un congrès syndical, des paquets cadeaux et des tee-shirts affichant le slogan « Ding Dong, Thatcher’s Gone » avaient été vendus auprès des participants, ce qui suscita une polémique au sein de la classe politique -gauche/droite confondues.

Outre les stylistes, elle inspira également la colère des rockers. Le journaliste indépendant Owen Adams a recensé l’existence d’au moins 13 chansons hostiles à la figure de l’ancien Premier ministre (1979-1990). L’une d’entre elles, composée par le groupe Hefner, s’intitule d’ailleurs « Le jour où Thatcher décèdera ».

Si de nombreux commentaires journalistiques se concentrent sur son bilan économique et social, fustigé dès 1984 par le cinéaste Ken Loach, peu reviennent en détail sur sa vision singulière de deux personnages-clés de l’histoire contemporaine : l’Israélien Menahem Begin et le Chilien Augusto Pinochet.

Fin 2010, des documents diplomatiques déclassifiés révélèrent une certaine aversion de Thatcher à l’encontre de l’ancien Premier ministre israélien. Selon la retranscription des échanges de la « Dame de Fer » avec l’ex-président Giscard d’Estaing, les deux chefs d’Etat européens partagaient « entièrement » la même vision de Begin, présenté -en des termes délicats- comme un homme « difficile ». Thatcher allait même plus loin : bien qu’elle ne voulait pas reconnaître l’OLP comme une organisation politique, celle qui entretenait publiquement des rapports chaleureux avec la communauté juive était plus réservée en privé, allant jusqu’à qualifier la politique de colonisation israélienne de phénomène « absurde » et « irréaliste ».

En 1999, lorsque l’ex-dictateur Pinochet -assigné à résidence dans la ville de Londres- s’est vu refuser sa demande d’immunité judiciaire par la Chambre des Lords, c’est Margaret Thatcher qui va à sa rencontre pour lui apporter son soutien moral et politique.

Pinochet et Thatcher cultivèrent la même détestation du communisme.

Et ce sont dans les rangs des militants et sympathisants de gauche que le régime chilien avait commis ses plus graves exactions, entraînant l’arrestation et le mort de milliers de citoyens.

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