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De la « théorie du complot » à la vérité historique

Le 20 août 1953, au lendemain du coup d’Etat en Iran, Walter G. Rundle, journaliste salarié d’une agence de presse américaine, qualifiait -à l’instar de la plupart de ses collègues occidentaux- de « propagande » la rumeur d’une implication secrète des Etats-Unis dans le renversement du régime.

IRAN

Soixante ans plus tard, le 19 août 2013, la CIA a pourtant reconnu -à travers la déclassification de documents internes- sa responsabilité dans ces évènements.

Digne de la novlangue, l’expression « théorie du complot » (« conspiracy theory ») n’était pas en vogue dans les années 50. Sa propagation se déroula une décennie plus tard pour qualifier les spéculations suscitées par l’assassinat de John Kennedy. L’opinion publique américaine rejetait de plus en plus la version officielle délivrée par la commission Warren selon laquelle un seul homme, Lee Harvey Oswald, était l’unique responsable des tirs croisés qui avaient atteint le président américain. En France, c’est au printemps 2002, en réaction au succès inattendu de l’ouvrage de Thierry Meyssan sur le 11-Septembre, que le concept inepte de « théorie du complot » prendra toute sa place dans le paysage médiatique.

Du journalisme d’investigation comme hérésie d’avant-garde

Une leçon résulte du dévoilement de ce secret de polichinelle à propos de l’Iran et de la CIA : de même que l’histoire des idées scientifiques abonde en découvertes jugées auparavant impossibles ou farfelues, l’histoire géopolitique recèle encore bon nombre d’intrigues -passés sous silence- dont l’évocation serait également qualifiée par les faiseurs d’opinion comme fantaisiste, « conspirationniste » ou « propagandiste ».

Le développement fulgurant des technologies de l’information permet désormais de faire un pari : un sujet d’intérêt public, longtemps occulté, ne devra plus attendre un demi-siècle pour être attesté et divulgué aux citoyens. Les autorités officielles se voient désormais concurrencées de plus en plus par les « lanceurs d’alertes » ainsi que par les hackers ayant facilement accès à des bases de données confidentielles. Et toute information « fuitée », même accidentellement, parcourt aussitôt le globe, le temps de partager un tweet ou une vidéo sur Youtube.

Nulle crainte, dès lors, de devoir patienter jusqu’en 2061 pour connaître -et, surtout, faire connaître- les coresponsables de la mystification du 11-Septembre et des guerres mensongères qui en découlèrent.

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