Poster un commentaire

Une rescapée de Charlie Hebdo contredit le témoignage de Fourest

INFO PANAMZA. Selon Caroline Fourest, un terroriste aurait promis d'épargner une journaliste en échange d'une "récitation du Coran" : l'intéressée dément formellement.

Le 13.01.2015 à 10h56

Dans la nuit de lundi à mardi, le site de l'hebdomadaire Marianne a mis en ligne un entretien avec Sigolène Vinson, survivante de l'équipe de Charlie Hebdo.

Mercredi 7 janvier, quelques heures après l'attentat qui a frappé le journal satirique, Caroline Fourest avait tenu les propos suivants sur France 2. 



À une heure de grande écoute et sur le service public audiovisuel, l'éditorialiste controversée (qui a intenté un procès contre l'auteur de ces lignes, ndlr) avait catégoriquement affirmé que le terroriste aurait demandé à la rescapée de "réciter le Coran" afin de demeurer vivante.

C'est faux selon Vinson : 

Assurant rapporter à son tour les mots de la jeune quadragénaire, l’essayiste Caroline Fourest, ex-collaboratrice de Charlie Hebdo, ajoutait :  « Il lui a dit : “Récite le Coran, et je t’épargne” ». Ce que réfute aujourd’hui Sigolène Vinson. Tout comme l’injonction à porter le voile : « Je vois mal comment j’aurais pu réciter le Coran… ».

Le seul moment de doute exprimé à l'antenne par Fourest avait curieusement porté sur la couleur des yeux de l'assaillant.

Détail à souligner : d'après Vinson, l'assassin a bien évoqué le Coran mais pas dans les termes tenus par Fourest. Il n'est plus question d'une injonction immédiate (récitation contre vie sauve) mais d'un encouragement pour l'avenir.

« Il a continué : “Ce n’est pas bien ce que tu fais.” Dans l’instant, je me suis demandé : “Mais pourquoi est-ce qu’il me dit ça ? C’est très bien, ce que je fais.” Ensuite, il a poursuivi : “Ce n’est pas bien, mais je ne vais pas te tuer. Puisque je t’épargne, tu pourras lire le Coran”.

Cette différence n'atténue en rien le caractère sinistre de leur échange: elle confirme simplement l'inclinaison de Fourest aux approximations factuelles.

**************************

Complément d'info : le dossier PANAMZA sur l'attentat de Charlie Hebdo

Attentat contre Charlie Hebdo : condoléances, prudence et vigilance (07.01.15)

Attentat contre Charlie Hebdo : le mystère du jour (07.01.15)

Vous avez aimé le passeport du 11-Septembre? Vous allez adorer la carte d'identité du 7-Janvier! (08.01.15)

12 morts à Charlie Hebdo : Haziza accuse Panamza (08.01.15)

Le Mossad derrière l’attentat contre Charlie Hebdo ? Un grand média américain s’autocensure après avoir suggéré une "vengeance" d'Israël contre la France (08.01.15)

Pourquoi le gouvernement avait-il retiré une voiture de police stationnée devant Charlie Hebdo? (09.01.15)

La France menacée par Al-Qaïda? L’info a été "révélée" par une propagandiste israélo-américaine (10.01.15)

La surveillance des frères Kouachi avait cessé en juillet (10.01.15)

NON (10.01.15)

Grande marche à Paris : l'hypocrisie de Reporters sans frontières (11.01.15)

4 heures avant l’attentat, la police et "une personne suspecte" étaient présentes devant Charlie Hebdo (11.01.15)

Hommage au véritable esprit de Charlie (11.01.15)

Netanyahou demande à la France de combattre "les forces de l’islam" (11.01.15)

Bennett, le ministre israélien qui n'a "aucun problème à tuer des Arabes", assis derrière Hollande, à côté de Cazeneuve #LaHonte (11.01.15)

Sifaoui-Genest : qui se ressemble s'assemble (11.01.15)

Sondage-express sur le cas psycho-pathologique de Frédéric Haziza (11.01.15)

Petit message à l'attention des experts du djihadisme et des chasseurs de "complotistes" (12.01.15)

Contre l'islam, pour Israël : le journalisme selon Caroline Fourest (12.01.15)

Manuel Valls "aime" les uns et "soutient" les autres (12.01.15)

"Tout est pardonné" : le message ambigu de Charlie Hebdo (12.01.15)

HICHAM HAMZA  

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d'investigation de Panamza, la gazette de l'info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site.

Poster un commentaire

Découvrez comment Netanyahou a transformé l’hommage aux victimes des attentats en meeting pro-israélien

INFO PANAMZA. La honte : découvrez en images le stupéfiant discours nationaliste tenu par le Premier ministre israélien en présence de François Hollande et Manuel Valls.

Le 12.01.2015 à 17h04

À l’instar de la plupart de leurs confrères de la presse audiovisuelle, I-Télé et BFM n’ont pas cessé de vous le marteler : la cérémonie organisée -dimanche soir- à la Grande synagogue de Paris (également base de recrutement de l’armée israélienne), était censée rendre hommage aux 17 victimes des dernières opérations terroristes imputées au réseau Kouachi-Coulibaly.

La présence de Netanyahou, l’homme qui a demandé (ordonné?) à la France de combattre « les forces de l’islam » (comme l’a révélé Panamza et relayé, sans citer ses sources, L’Obs), n’était pas souhaitée à la « marche républicaine » si l’on en croit plusieurs médias israéliens. François Hollande y aurait été défavorable avant de s’incliner face à l’insistance du dirigeant nationaliste.

Ce léger accroc n’a cependant pas empêché les deux hommes de se retrouver dimanche soir à la synagogue.

À vous d’apprécier en images la réalité des faits.

Voici l’arrivée houleuse (au regard de la tension visible entre gardes du corps français et israéliens) de Netanyahou et Hollande suivi du discours du Premier ministre, traduit en direct par un homme censé représenter la nation française : le député UDI Meyer Habib.

Extraits (10′) :

Intégralité (27′) :

Quatre détails à souligner :

* Manuel Valls, empli de gravité sur les plateaux télé, n’a pourtant pas hésité à parader et fanfaronner comme l’illustre cette séquence : face à la foule, l’homme lève les poings à l’image d’un sportif victorieux.

* Netanyahou est un récidiviste en matière de détournement politique d’une cérémonie aux victimes. La dernière fois, c’était également en présence du chef de l’Etat français et en période électorale -vu d’Israël- lors de l’hommage dédié aux morts de l’affaire Merah.

* Dans une vidéo officielle digne du Parrain de Coppola, Netanyahou a salué -ce lundi matin, dans une pièce tamisée aux rideaux fermés- les dirigeants de la communauté juive française et encouragé fermement l’Europe à tirer une leçon des derniers évènements en soutenant davantage sa propre lutte dite « antiterroriste » (sous-titres en anglais disponibles sur le carré rayé).

* Dans son discours intégral, le Premier ministre israélien évoque avec gravité (à 17′) les « Tours jumelles » du 11-Septembre, ce qui ne manque pas de piquant au regard de l’incident relatif à ces agents secrets israéliens, rattachés à un patron du Mossad nommé en 1998 par Netanyahou (Ephraïm Halevy) arrêtés par la police américaine pour avoir manifesté une joie étrange dès l’impact du premier avion dans le World Trade Center.

**************************

Complément d’info : le dossier PANAMZA sur l’attentat de Charlie Hebdo

Attentat contre Charlie Hebdo : condoléances, prudence et vigilance (07.01.15)

Attentat contre Charlie Hebdo : le mystère du jour (07.01.15)

Vous avez aimé le passeport du 11-Septembre? Vous allez adorer la carte d’identité du 7-Janvier! (08.01.15)

12 morts à Charlie Hebdo : Haziza accuse Panamza (08.01.15)

Le Mossad derrière l’attentat contre Charlie Hebdo ? Un grand média américain s’autocensure après avoir suggéré une « vengeance » d’Israël contre la France (08.01.15)

Pourquoi le gouvernement avait-il retiré une voiture de police stationnée devant Charlie Hebdo? (09.01.15)

La France menacée par Al-Qaïda? L’info a été « révélée » par une propagandiste israélo-américaine (10.01.15)

Grande marche à Paris : l’hypocrisie de Reporters sans frontières (11.01.15)

4 heures avant l’attentat, la police et « une personne suspecte » étaient présentes devant Charlie Hebdo (11.01.15)

Netanyahou demande à la France de combattre « les forces de l’islam » (11.01.15)

Bennett, le ministre israélien qui n’a « aucun problème à tuer des Arabes », assis derrière @fhollande, à côté de @BCazeneuve #LaHonte (11.01.15)

Sifaoui-Genest : qui se ressemble s’assemble (11.01.15)

Sondage-express sur le cas psycho-pathologique de Frédéric Haziza (11.01.15)

Petit message à l’attention des experts du djihadisme et des chasseurs de « complotistes » (12.01.15)

HICHAM HAMZA  

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d’investigation de Panamza, la gazette de l’info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site : : faites un don ici pour consolider ce média indépendant !

2 Commentaires

Netanyahou demande à la France de combattre « les forces de l’islam »

INFO PANAMZA. Vendredi, le Premier ministre israélien a désigné à l’ambassadeur de France l’ennemi commun : « les forces de l’islam à travers le monde ».

Le 11.01.2015 à 18h11

Le propos a figé le regard de l’ambassadeur.

Vendredi après-midi, Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a réitéré son message de condoléances à l’attention du peuple français. Son interlocuteur : Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Israël.

Détail révélateur : la presse israélienne a rapporté le discours de Netanyahou en le modifiant sur un détail précis.

Évoquant la menace terroriste, l’homme issu du Likoud a enjoint la France à combattre « les forces de l’islam » (à 2′).

C’est un combat global. Traduire en justice les meurtriers de Paris est juste le commencement.

Cela doit être suivi d’un large assault sur les forces de l’islam à travers le monde.

C’est la bataille de tout un chacun.

Un adjectif (qui ne figurait pas dans cette déclaration, comme l’atteste la vidéo -à 2′) a été ajouté au mot « islam » par plusieurs medias israéliens : celui de « radical ». Une entourloupe également effectuée par LE quotidien mondial de référence : le New York Times.

Cette omission du mot « radical » a provoqué un regard interloqué chez l’ambassadeur qui -démarche rare pour cet homme particulièrement obséquieux envers  Shimon Peres et visiblement conciliant comme l’illustre la conférence de presse- a pourtant jugé nécessaire de dénoncer les « amalgames » et de préciser que « l’islam, ce n’est pas le djihad ».

Faveur exceptionnelle : ce dimanche soir, Netanyahou, présent à la grande marche de Paris, fera également un discours à la Grande synagogue de la Victoire (également base de recrutement de l’armée israélienne) en présence de François Hollande, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy.

**************************

Complément d’info : le dossier PANAMZA sur l’attentat de Charlie Hebdo

Attentat contre Charlie Hebdo : condoléances, prudence et vigilance (07.01.15)

Attentat contre Charlie Hebdo : le mystère du jour (07.01.15)

Vous avez aimé le passeport du 11-Septembre? Vous allez adorer la carte d’identité du 7-Janvier! (08.01.15)

12 morts à Charlie Hebdo : Haziza accuse Panamza (08.01.15)

Le Mossad derrière l’attentat contre Charlie Hebdo ? Un grand média américain s’autocensure après avoir suggéré une « vengeance » d’Israël contre la France (08.01.15)

Pourquoi le gouvernement avait-il retiré une voiture de police stationnée devant Charlie Hebdo? (09.01.15)

La France menacée par Al-Qaïda? L’info a été « révélée » par une propagandiste israélo-américaine (10.01.15)

Grande marche à Paris : l’hypocrisie de Reporters sans frontières (11.01.15)

4 heures avant l’attentat, la police et « une personne suspecte » étaient présentes devant Charlie Hebdo (11.01.15)

HICHAM HAMZA  

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d’investigation de Panamza, la gazette de l’info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site : faites un don ici pour consolider ce média indépendant !

1 commentaire

Pourquoi le gouvernement avait-il retiré une voiture de police stationnée devant Charlie Hebdo?

INFO PANAMZA. Peu de temps avant l’attentat du 7 janvier, Valls et Cazeneuve avaient allégé la protection policière de Charlie Hebdo en dépit de nouvelles menaces imputées à Al-Qaïda.

Le 09.01.2015 à 22h11

Mai 2013 : Stéphane Charbonnier alias Charb – directeur de publication de Charlie Hebdo et citoyen sous protection policière depuis le mystérieux incendie de novembre 2011- avait fait l’objet de nouvelles menaces imputées à Al-Qaïda-au-Yémen et relayées par une pseudo-revue islamiste dénommée Inspire.

Automne 2014 : le ministère de l’Intérieur -qui chapeaute le Service de la protection (en charge des personnalités)- a mis fin à la présence permanente de deux policiers devant l’entrée du siège de Charlie Hebdo, situé –depuis le 1er juillet– au numéro 10 de la rue Nicolas Appert. Une photographie de Google Maps, datant du mois d’août, a capturé incidemment une image de la voiture de police.

Dans la soirée du jeudi 8 janvier, au lendemain de l’attentat perpétré contre l’équipe de l’hebdomadaire, Jeannette Bougrab, ex-secrétaire d’État du gouvernement Fillon, proche d’une organisation ultra-sioniste américaine, figure de la mouvance islamophobe hexagonale et compagne de Charb, était l’invitée de BFM TV.

Interviewée par Ruth Elkrief, elle a relaté ce qu’elle a vécu depuis l’annonce du drame.

À 1’22, elle évoqua un détail troublant :

On avait supprimé une protection statique devant Charlie Hebdo qui aurait peut-être pu éviter le drame.

Vendredi 9 janvier, dans la matinale d’Europe 1, Laurent Léger, journaliste d’investigation de Charlie Hebdo et rescapé de l’attaque, a été interrogé à ce sujet par Thomas Sotto.

Question de Sotto (qui confond par ailleurs deux interventions de Bougrab, l’une sur BFM TV,  l’autre sur TF1):

Jeannette Bougrab a déclaré hier soir, lors du 20h de TF1, que le dispositif de sécurité de Charlie Hebdo avait été allégé depuis quelques semaines. Vous l’aviez constaté, ça, ou pas?

La réponse de Léger (audible à partir de 5’55) :

Effectivement, y avait plus la voiture statique en faction devant le journal.

Le journaliste ajouta aussitot son sentiment personnel : d’après lui, une telle présence n’aurait pas empêché les assaillants d’accomplir leur dessein.

Pas si sûr : deux policiers armés et prêts à réagir en cas d’arrivée de deux hommes cagoulés auraient pu retarder leur opération, voire la saborder. A fortiori s’ils étaient en contact audio avec le policier Franck Brinsolaro, présent dans la salle de rédaction aux côtés de Charb et tué lors de la fusillade.

Brinsolaro : un homme croisé sur le même trottoir, l’automne dernier, par l’auteur de ces lignes -de passage dans le quartier du journal pour un déjeuner parisien. En compagnie d’un collègue, il escortait le tandem Charb-Léger, deux mètres en arrière, dans la rue Amelot. En tant qu’ancien lecteur de longue date de Charlie et ex-collègue de Léger au sein du média en ligne Bakchich, j’avais immédiatement reconnu les deux journalistes.

Comme les policiers en faction devant le siège du journal, Brinsolaro faisait partie du Service de la protection (ex-SPHP), dirigé par Frédéric Auréal.

Ce dernier, nommé en juillet 2012 par Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur), a été récemment promu (par décret en date du 22 décembre) en devenant « inspecteur général des services actifs de la police nationale ».

Double particularité de l’homme -réputé proche de Valls- à la tête du SDLP :

* L’hostilité exprimée à son endroit par ses subordonnés, agacés par des missions de protection jugées excessives ou inutiles (tel le cas emblématique du député franco-israélien Meyer Habib).

* Sa proximité avec Sammy Ghozlan, ex-policier, vice-président du Consistoire, membre du B’naï Brithmentor d’Hassen Chalghoumi et militant ultra-sioniste passé par les instances du Crif.

En décembre 2013, en compagnie de la magistrate Sylvie Moisson (alors en charge de l’affaire Bourarach), Auréal a participé à une soirée privée organisée par Ghozlan en hommage au nouveau préfet du département et au nom de la communauté juive de Seine-Saint-Denis.

Résumons : en dépit de nouvelles menaces imputées à Al-Qaïda et proférées en mai 2013, la protection policière de Charlie Hebdo -instaurée fin 2011- a été allégée, un an et demi plus tard, sur un point névralgique : l’entrée de l’immeuble dans lequel l’équipe était installée au 2ème étage, derrière une porte blindée et verrouillée par un code. Responsables de cette décision aux conséquences tragiques dans les semaines qui ont suivi  : Manuel Valls (Premier ministre), Bernard Cazeneuve (ministre de l’Intérieur) et Frédéric Auréal (patron du SDLP).

Reste à savoir si les médias traditionnels, désormais hypnotisés à l’unisson par la « grave crise que traverse la France depuis trois jours » (pour reprendre les termes de Laurence Ferrari d’I-Télé) interpelleront les trois hommes concernés pour leur demander des comptes ou continueront de réaliser le mauvais remake en cours de « l’union sacrée » des Américains au lendemain de la mystification du 11-Septembre.

HICHAM HAMZA  

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d’investigation de Panamza, la gazette de l’info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site : faites un don ici pour consolider ce média indépendant !

1 commentaire

4 heures avant l’attentat, la police et « une personne suspecte » étaient présentes devant Charlie Hebdo

INFO PANAMZA. Une voiture de police et un mystérieux individu étaient devant l’entrée de l’immeuble de Charlie Hebdo, très tôt dans la matinée au cours de laquelle allait se dérouler l’attaque.

Le 11.01.2015 à 14h04

Dans le flot incessant d’informations survenues depuis mercredi 7 janvier, jour de l’attentat commis au siège de Charlie Hebdo, le plus difficile consiste à hiérarchiser et séparer les réactions émotionnelles des faits bruts.

Une heure seulement après la tuerie, France Info  a collecté plusieurs témoignages de témoins ou voisins des journalistes assassinés. Sur le site de la radio publique, l’un de ces témoignages, d’une durée de 1’08, est intitulé « Ce qui a été dit dans l’immeuble, c’est ‘on va venger le prophète' » (Un voisin de la fusillade) ».

http://www.franceinfo.fr/player/export-reecouter?content=1328703

La rédaction de France Info a ainsi mis en exergue ce qu’elle juge être l’élément d’information le plus important rapporté par ce témoin travaillant dans l’immeuble : le fait qu’il ait entendu (ou qu’on lui ait rapporté) la déclaration prononcée par l’un des terroristes et relative à une « vengeance du prophète ».

Problème : une autre partie de son propos -davantage intéressante à creuser- n’a pas été mise en avant par la radio.

* Selon cet homme, « une voiture de police » était présente à son arrivée, vers 7h30. Détail curieux mais pas extraordinaire, a priori : l’équipe de Charlie était réputée être protégée par la police, bien que deux proches du directeur -sa compagne Jeannette Bougrab et son collègue Laurent Léger- aient affirmé que la protection statique policière face à l’immeuble avait été récemment retirée.

* En revanche, le témoin sollicité par France Info précise qu’il a également observé la présence, devant l’entrée de l’immeuble et en cette heure matinale (7h30), d’un individu, outre les policiers, qu’il a lui-même jugé « suspect ». 

Photographie de Google Maps -datée d’août 2014- de l’entrée de l’immeuble de Charlie Hebdo

Son témoignage, ignoré par la presse traditionnelle, soulève pourtant trois questions fondamentales :

– Pourquoi la police était-elle présente face à l’immeuble à 7h30 et absente durant la tuerie survenue vers 11h30?

– Pourquoi la police, qui avait cessé de surveiller l’entrée depuis plusieurs semaines/mois, s’était-elle manifestée ce jour-là?

– Quelle était la motivation de cet inconnu, présenté comme suspect, pour attendre, face à une voiture de police, devant l’entrée d’un immeuble dans lequel se déroulera un attentat quatre heures plus tard?

Chose curieuse : aucune mention de cette triple anomalie (la présence matinale d’une « personne suspecte » au vu de policiers inhabituellement en faction) n’a été faite par François Molins, procureur de la République de Paris (proche de la mouvance sioniste), lors de ses conférences de presse.

**************************

Complément d’info : le dossier PANAMZA sur l’attentat de Charlie Hebdo

Attentat contre Charlie Hebdo : condoléances, prudence et vigilance (07.01.15)

Attentat contre Charlie Hebdo : le mystère du jour (07.01.15)

Vous avez aimé le passeport du 11-Septembre? Vous allez adorer la carte d’identité du 7-Janvier! (08.01.15)

12 morts à Charlie Hebdo : Haziza accuse Panamza (08.01.15)

Le Mossad derrière l’attentat contre Charlie Hebdo ? Un grand média américain s’autocensure après avoir suggéré une « vengeance » d’Israël contre la France (08.01.15)

Pourquoi le gouvernement avait-il retiré une voiture de police stationnée devant Charlie Hebdo? (09.01.15)

La France menacée par Al-Qaïda? L’info a été « révélée » par une propagandiste israélo-américaine (10.01.15)

Grande marche à Paris : l’hypocrisie de Reporters sans frontières (11.01.15)

HICHAM HAMZA  

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d’investigation de Panamza, la gazette de l’info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site : faites un don ici pour consolider ce média indépendant !

27 Commentaires

Ulcan menace Panamza

« J’ai donné son adresse à quelqu’un, il va s’en occuper » : ces propos ont été tenus dimanche par Grégory Chelli -alias Ulcan- au sujet du fondateur du site Panamza. 

Le 06.10.2014 à 16h22

Une information judiciaire vient d’être ouverte à son endroit pour « violences volontaires avec prémédiation ayant entraîné la mort » : cela n’empêche pas Grégory Chelli, cybercriminel franco-israélien réfugié dans le sud d’Ashdod, de continuer à proférer des menaces à l’encontre de nouvelles personnes.

Dernier exemple en date : l’auteur de ces lignes.

ulcan1

Dimanche 5 octobre, le militant ultra-sioniste  -visiblement agacé par le dossier Ulcan constitué par Panamza (consultable au bas de cette page)- a fait savoir sur son chat en ligne qu’il avait « donné son adresse à quelqu’un » qui « va s’en occuper ». Cette déclaration a été aussitôt complétée par le propos suivant (capturé dans l’extrait audio ci-dessous) : « Panamza, va déposer une main courante, fils de pute, tu te la racontes de trop ».

Hier soir, il est également intervenu sur la page Facebook de Panamza en se félicitant de l’indisponibilité du site, victime (aujourd’hui encore) d’une attaque informatique.

Plusieurs éléments relatifs aux crimes et délits commis -depuis plusieurs années- par Ulcan suggèrent que ce proche de la Ligue de défense juive dispose de complicités dans la police, voire au sein même de l’administration centrale du ministère de l’Intérieur.

ulcan2

L’homme a souvent obtenu aisément les adresses exactes de ses cibles sans passer par ses pseudo-canulars téléphoniques auprès de tel ou tel commissariat.

Tout au long du weekend, Ulcan et ses adeptes ont ainsi échangé sur leur site « Viol Vocal » des informations relatives à la domiciliation de Sihem Souid, chargée de mission au ministère de la Justice. Celle-ci a d’ailleurs reçu la visite de la police, hier soir, qui s’est contentée de lui conseiller l’acquisition d’une « gazeuse » pour sa fille, âgée de 13 ans et menacée de « viol » par la meute d’Ulcan.

Pire: les agents venus constater les menaces téléphoniques dont elle fait l’objet ont également fait savoir à Sihem Souid qu’elle ne pouvait pas bénéficier d’une protection policière. Le deux poids deux mesures est flagrant : tandis que le millionnaire Bernard-Henri Lévy, le directeur de Charlie Hebdo et l’extrémiste franco-israélien Meyer Habib -prétendumment ciblés par la mouvance islamiste- ont droit à une telle sécurité onéreuse (sans omettre le cas antérieur et tout aussi aberrant de Cyndi Léoni, ex-présidente de SOS Racisme), ce n’est pas le cas pour des citoyens mis en danger par des extrémistes sionistes.

Sombre ironie de l’histoire, le propre avocat d’Ulcan, dénommé Gilles-William Goldnadel, bénéficie également de la protection policière : en 2012, un groupe démantelé -surnommé la « cellule islamiste de Torcy-Cannes » – aurait menacé de porter atteinte à sa vie.

Démanteler le réseau qui renseigne et protège Chelli

Comme l’illustre le document vidéo ci-dessous, Grégory Chelli semble acquérir confortablement toute information confidentielle, qu’il s’agisse d’une adresse ou de l’identité des policiers chargés de travailler sur lui.

Le 13 août, quelques heures après son interview accordée au journal Libération, Ulcan a voulu rectifier certains points anecdotiques de l’entretien à travers une vidéo mise en ligne. Chose intéressante: après avoir « expliqué » son animosité envers Sihem Souid et relativisé son harcèlement fatal de la famille Le Corre, il y dévoile sa manière de s’attaquer aux sites configurés sous SPIP et conclut son témoignage en narguant les policiers -nommément identifiés- de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Détail important: quatre jours après la mise en ligne de cette vidéo (dimanche 17 août), Ulcan a brusquement décidé de la retirer du web.

Conseillé par son avocat ou un proche soucieux de ne pas voir Chelli se tirer une balle dans le pied via la publication de sa confession accablante?

Trop tard, en tout cas: Panamza avait entretemps sauvegardé une copie.

HICHAM HAMZA  

***Bonus : le dossier Ulcan de Panamza***

Quand le censeur Daniel Schneidermann crie à la « censure »… (24.08.14)

Le Crif, Hanouna, Elfassi, Darmon, Ulcan : tous veulent la peau d’Aymeric Caron (12.09.14)

Ulcan promu et blanchi par Alain Marschall de RMC (15.09.14)

Ulcan provoque un malaise chez la mère d’Aymeric Caron (17.09.14)

Ulcan/France Télévisions : la censure ne passera pas (18.09.14)

La honte : France 2 transforme Ulcan en « star du net » (26.09.14)

Un homme harcelé par Ulcan est décédé (01.10.14)

Ulcan adresse « toute sa condescendance » à Benoît Le Corre (01.10.14)

L’un des policiers chargés de traiter le cas Ulcan est un militant ultra-sioniste proche de Marine Le Pen (02.10.14)

Ulcan-Goldnadel-Thooris : la connexion israélienne (03.10.14)

Pierre Haski de Rue 89 condamme la « méthode » d’Ulcan, pas son « opinion » (04.10.14)

Découvrez comment Grégory Chelli  a harcelé Thierry Le Corre (05.10.14)

Une militante centriste chargée de la vie scolaire défend Ulcan (05.10.14)

Ulcan panique (05.10.14)

Cet article vous a intéressé?

Soutenez le journalisme d’investigation de Panamza, la gazette de l’info subversive ! 

Rejoignez les followers de Facebook /Twitter/Youtube 

ET contribuez personnellement au développement fulgurant du site

en souscrivant un abonnement privilégié / en effectuant le don de votre choix.

5 Commentaires

Panamza victime d’une nouvelle cyberattaque

Rebelote. Spécialisé dans l’investigation journalistique sur la question taboue du sionisme hexagonal, le site d’information Panamza a subi un nouveau sabotage informatique. 

Dans la nuit du 13 au 14 juillet, le site Panamza, nouveau venu dans le paysage francophone de l’info, est devenu inaccessible.

panamza130714

Capture d’écran de la page d’accueil de Panamza en date du 13.07.14

Le contexte? L’incident s’est produit 48 heures après l’exposition de l’organisation d’un bal du 14 juillet « dédié » aux Israéliens, trois jours après l’éclairage relatif à l’engagement pro-israélien de François Hollande et moins de deux semaines après la divulgation de l’éloge –rapidement autocensuré– de « la valeur juive de la vengeance » par un membre de l’Assemblée nationale.

censorshipQuelle que soit la motivation des pirates informatiques à l’origine de ce blocage,  une chose est certaine: la manoeuvre est vaine. En attendant de pouvoir rétablir le site, l’auteur de ces lignes utilise, dès à présent, son propre blog. Et si celui-ci devait être également ciblé par une tactique malveillante, un troisième site verra le jour.

En un mot : la censure ne passera pas.

Pour inaugurer la transformation de mon blog en site-relais provisoire de Panamza, voici, en guise de rappel, l’article publié le 2 juin et consacré à la première attaque.

{Mise à jour du 15.07.2014 à 18h49: le site est rétabli  après 36 heures de blocage}


Qui veut la peau de Panamza?

Cyberattaque. Fondé le 21 juin 2013, le site d’information Panamza n’aura pas attendu un an avant d’être ciblé par un sabotage informatique. Décryptage.

Le 02.06.2014 à 16h02

Trois jours hors-ligne: tel fut le résultat de la manoeuvre exercée contre Panamza par un obscur hacker. Dans la nuit du jeudi 29 mai, le site a « planté ». Quiconque venait consulter la page d’accueil pouvait découvrir (jusqu’à hier matin) le message suivant :

error

Sollicité pour son expertise, un informaticien n’a pas trouvé d’explication. Corruption à distance de la configuration du site ou attaque « par déni de service », le mystère reste entier.

Concomitance ou causalité? Un seul constat: ce sabotage intervient quatre jours après la mise en évidence par Panamza d’une autocensure embarrassante pour les zélateurs de la relation franco-israélienne. Souvenez-vous: vendredi 23 mai, le site révélait l’organisation d’un recrutement de Tsahal au sein d’une synagogue parisienne (information relayée jusqu’en Égypte par Albawahb News); deux jours plus tard, le communiqué officiel de cette annonce (initialement publiée le 1er mai)  était soudainement retirée du site de l’ambassade d’Israël par le webmaster affecté à sa tutelle: le ministère des Affaires étrangères.

Le clou fut enfoncé dès le lendemain avec la publication du premier article francophone relatif à l’appartenance antérieure de deux victimes de la fusillade de Bruxelles à une branche semi-clandestine du renseignement israélien. Depuis le lundi 26 mai, Panamza demeure par ailleurs le seul média à avoir mis en évidence le lien intime entre leur ancien employeur spécial (dénommé Nativ) et l’actuel numéro 2 du gouvernement israélien qui aspire à devenir le prochain Premier ministre: Avigdor Lieberman. Une semaine plus tard, au lendemain de l’annonce de l’arrestation d’un suspect au profil « djihadiste », force est de constater que l’organisation Nativ ne fait l’objet d’un quelconque reportage dans les médias traditionnels. Certains (éditorialistes, pseudo-journalistes ou apprentifaiseurs d’opinion) vont même plus loin dans la désinformation en transformant les ex-agents secrets de Nativ en simples« comptables de la fonction publique ».

Bref: Panamza dérange. Et les promoteurs de ce qu’il conviendrait désormais de dénommer « l’axe franco-sioniste » ne manquent pas de moyens pour tenter de faire interrompre ou ralentir la publication d’informations incommodantes. Sans oublier les idiots utiles qui n’ont pas manqué de se réjouir trop tôt de la disparition du site. Tel fut le cas, dès jeudi soir, d’un prétendu « observatoire de l’antisémitisme » dont la page Facebook illustre la confusion idéologique.

obs

Qu’elle soit l’oeuvre d’un service étatique ou d’une officine privée, la cyberattaque exercée contre Panamza ne sera probablement pas la dernière. Voilà pourquoi il importe que le lecteur appréciant le travail journalistique du site -et son maintien dans l’avenir- puisse consolider l’armature et la développement d’un acteur innovant dans le paysage médiatique français.

Soutenez Panamza: souscrivez un abonnement privilégié ou faites un don afin de continuer à être informé des faits passés ailleurs sous silence.

HICHAM HAMZA  

2 Commentaires

Israël et le 11-Septembre : la bande-annonce

Sorti le 5 février 2013 dans un format numérique et accessible sur Amazon, mon livre Israël et le 11-Septembre : le grand tabou est désormais disponible en édition papier.

Rendez-vous sur mon blog ou sur Panamza à partir du 21 décembre.

Pour en savoir plus sur ce sujet controversé.

Pour découvrir un échantillon des nouveaux apports du livre papier (plus étoffé que sa version numérique).

 * Pour lire une critique de l’ouvrage au travers d’un compte-rendu exhaustif sur ce thème.

Pour commander (9,50€) l’e-book en format PDF.

Pour commander (22€) le livre (frais de port inclus) qui sortira le 21 décembre 2013.

2 Commentaires

Des milliers de morts aux Philippines : Le Parisien retire son « titre honteux » sur l’absence de victimes françaises

Ethnocentrisme. Au lendemain du passage dévastateur d’un super-typhon aux Philippines, plusieurs journalistes français ont braqué le projecteur sur le nombre de morts éventuels parmi leurs compatriotes. Démonstration.

« Pas de français parmi les victimes » Votre titre est honteux. C’est tout à fait secondaire par rapport aux morts, aux dégâts, à la détresse de ces pauvres gens.

Telle est la réaction postée en ligne, ce dimanche matin, par un lecteur indigné sur le site du journal Le Parisien. A 7h05, voici l’intitulé choisi par le journaliste-rédacteur web pour son article (co-rédigé avec l’Agence France-Presse) relatif au premier bilan de victimes décédées à la suite du récent passage d’un super-typhon aux Philippines.

A l’instar d’un compte Twitter dédié aux Unes des journaux, le portail d’actualité du site de Free a conservé automatiquement le titre originel de l’article.

free

L’article précise également la chose suivante :

Pas de Français parmi les victimes. Selon le Quai d’Orsay, aucun Français n’est à ce stade répertorié parmi les victimes. Quelques ressortissants, en bonne santé, se sont toutefois exprimés depuis les Philippines, notamment sur France Info.

Cet élément d’information (pas de mort français), sollicité auprès du Quai d’Orsay, a été repris et souligné, dans la matinée, par la chaîne BFM TV.

5 heures après sa mise en ligne, l’article du Parisien était toujours consultable avec le même titre, comme en témoignent plusieurs internautes consternés s’exprimant sur les réseaux sociaux. L’un d’entre eux, prénommé Skander, précisa avoir entendu la même remarque chez la concurrente de BFM TV: I Télé.

Vers 13h, une première mise à jour de l’article du Parisien modifie le titre qui devient : « VIDEOS. Typhon : au moins 10 000 morts aux Philippines, le Vietnam en alerte ».

A 16h30,  l’article -mis en ligne à 7h05- est, de nouveau, modifié et actualisé. Son titre change : « VIDEOS. Typhon : au moins 10 000 morts et des scènes de pillage aux Philippines ».

parisien

L’article contient toujours la mention relative à l’absence de victimes françaises  mais ne met plus cette « information » (relayée par la tandem BFM-ITélé) en avant dans le corps du titrage.

Entre le journaliste anonyme à l’origine de l’intitulé « Pas de Français parmi les victimes à ce stade » et le lecteur du Parisien qui fut le premier à s’en indigner publiquement, la conception de la valeur d’une vie humaine, selon son appartenance culturelle, semble considérablement différer.

Voici ce qu’écrivait récemment l’auteur des ces lignes à propos du traitement médiatique des victimes d’un autre fléau qui frappe aveuglément -le terrorisme :

Dans les écoles de journalisme et la plupart des rédactions de la presse généraliste, une technique d’écriture est prescrite pour attirer le lecteur ou l’auditeur : il s’agit de la « loi du mort-kilomètre ». En clair, selon les enseignants et les rédacteurs en chef qui en assument l’application, le « public » est censé s’intéresser aux décès selon l’éloignement géographique de l’évènement. Cas pratique : 1 mort à 1 kilomètre ou 10 morts à 10 kilomètres pourraient ainsi, selon les praticiens de cette coutume, retenir particulièrement l’attention. Il ne s’agit pas nécessairement là d’informer le citoyen sur un sujet d’actualité d’intérêt général mais, pour l’essentiel, de garantir un audimat performant et convoité par l’industrie médiatique.

Une autre règle, non formulée explicitement et tout autant cynique, vient contredire cet usage : on pourrait la qualifier de « loi du mort occidental ». Vu de Paris, Londres ou Washington, la mort brutale d’un Européen ou d’un Américain dans le monde sera  toujours plus fructueuse à couvrir -aux yeux des responsables de l’information- que celle de dizaines de non-Occidentaux.

« L’attentat » survenu hier à Boston illustre tristement cette pratique. Les chaînes d’information françaises ont réalisé des « éditions spéciales » afin d’en dramatiser le récit journalistique. 3 morts et plus de 130 blessés : pour les familles de victimes, le caractère tragique est indéniable. Mais pourquoi consacrer autant d’heures au sujet alors que des centaines de citoyens sont fauchés, chaque année, par le terrorisme sans que BFM TV ou France 24 ne daignent leur consacrer un sonore de 10 secondes ?

Si plus de 10000 Australiens avaient perdu la vie en raison d’une catastrophe naturelle équivalente dans la région, l’ensemble des médias audiovisuels français auraient probablement interrompu leurs programmes, couvert en direct les sauvetages et mis en place des passerelles de donations à destination des ONG locales.

En dépit du gigantisme de ses moyens financiers et technologiques, la mondialisation croissante de l’information ne vaut toujours pas, vu d’Occident, considération égale de la vie d’autrui.

Poster un commentaire

Redoine Faïd en partance pour Israël : ma « théorie du complot » s’est avérée juste

Une source proche de l’enquête nous explique que c’est «un indic» qui l’a plombé: «Faïd comptait se réfugier à Tel-Aviv, sachant que la France n’a pas de convention d’extradition avec Israël.

Durant sa cavale, il a essayé d’acheter un faux passeport israélien.

Le jour de la tractation, à bord d’une voiture, le vendeur du faux passeport a balancé un portable ouvert sous le siège, ce qui a permis de les géolocaliser.»

Ces informations sont issues d’une enquête exclusive, publiée aujourd’hui -vendredi 1er novembre- dans Libération et intitulée « 24 minutes chrono, la belle de Redoine Faïd ».

Les journalistes Patricia Tourancheau et Willy Le Devin révèlent que le célèbre braqueur, récemment rattrapé par la police, avait bien tenté de gagner l’Etat hébreu à la suite de son évasion de la prison de Séquedin.

Dès le lendemain de sa fuite, j’ai été le premier à mettre en lumière les liens méconnus de Redoïne Faïd avec Israël. Dans mon article publié le 14 avril sur le site Oumma.com, j’écrivais ceci :

Aujourd’hui, la plupart des médias de la presse généraliste se contentent de quelques éléments biographiques sommaires pour dresser le portrait du fugitif : le multirécidiviste, âgé de 40 ans, est associé au profil du jeune des quartiers devenu un as du grand banditisme. On parle de lui comme d’un « ex-petit délinquant des cités », un « gamin de banlieue » : manière délicate d’évoquer, entre les lignes, sa condition de fils d’immigré maghrébin.

Le Franco-Algérien Redoine Faïd  a grandi effectivement dans une cité de la commune de Creil. Très jeune, il se fait remarquer par son succès dans le braquage de fourgons et un charisme indéniable qui suscite même l’admiration des policiers de l’Oise.

Pourtant, un élément singulier de la vie du braqueur évadé est omis aujourd’hui dans l’ensemble des commentaires de presse à son sujet : son rapport atypique avec l’Etat d’Israël.  Il faut se référer aux articles parus à l’occasion de la promotion de son livre d’entretiens -publié fin 2010- pour découvrir cet aspect biographique.

Et de conclure mon papier par ces mots :

Dans son livre, Redoine Faïd racontait qu’il utilisait régulièrement la Suisse comme une « excellente couverture pour aller à l’étranger » avec des « faux papiers ». Gagner Tel Aviv depuis Genève : tel pourrait être l’objectif immédiat de l’homme en cavale.

Un mois plus tard, l’homme était toujours en cavale. Dans un nouveau papier, publié sur mon blog et intitulé « Manuel Valls et Redoine Faïd ont rendez-vous à l’aéroport Ben-Gourion », je développais mon hypothèse esquissée sur Oumma :

La flamme singulière de Manuel Valls [envers Israël] pourrait lui permettre d’obtenir des informations sur la probable tentative de Redoine Faïd pour gagner, sous une fausse identité, l’aéroport international David-Ben-Gourion de Tel-Aviv. Les deux hommes disposent de réseaux franco-israéliens, même si ceux-ci ne se recoupent pas nécessairement: l’ex-braqueur est ainsi plus proche de la mafia israélienne que ne l’est Manuel Valls qui entretient davantage ses contacts dans les passerelles institutionnelles du mouvement sioniste (CRIF, BNVCA, cercle Léon Blum du Parti socialiste, mais aussi le Congrès juif mondial, l’American Jewish Committee et le Centre Simon Wisenthal). (…)

Si Redoine Faïd, qui s’était perfectionné au braquage de banques grâce à des ex-militaires israéliens, devait se « planquer » dans l’Etat hébreu, une question se pose : Manuel Valls sera-t-il alors en mesure de tirer avantage de ses réseaux personnels et d’obtenir une aide pénale efficiente via la confirmation -ce qui entraînerait une demande d’extradition– de la présence du fugitif sur le sol israélien?

Si elle devait s’avérer juste, l’hypothèse d’un Faïd parti en Israël « se faire la belle » permettra, in fine, de vérifier l’efficacité, l’autonomie et la force de négociation de Manuel Valls face aux dirigeants d’un Etat étranger auquel l’élu de la Nation prêta une curieuse allégeance « éternelle ».

Ces deux articles, très relayés sur les réseaux sociaux (3700 partages sur Facebook pour celui d’Oumma) avaient parfois suscité les commentaires sarcastiques de certains internautes.

Un certain Palazzo a résumé le ton ricaneur de ces critiques : « Monsieur Hicham Hamza, nous avons eu cette année un hiver détestable, enquêtez sur ce sujet car je suis sûr qu’Israël ne doit pas être étranger à cela ». D’autres ont mis en doute le sérieux du site internet du premier article, en l’occurrence Oumma.com: « Voilà une source que tu jugeras indiscutable ;-) », écrit le responsable du compte du « Jewish Social Network » dénommé « Entre feujs ».

Le site Magen.fr, qui se présente comme une « revue de presse sur Israël, ses voisins et le monde juif » recommande également à ses lecteurs de « prendre [l’article d’Oumma] avec des pincettes ».

Enfin, un certain Elias, étudiant au King’s College de Londres, s’est montré plus vindicatif: 

Curieuse réaction, par ailleurs : censé prôner la dissidence en matière journalistique, l’administrateur (anonyme) de la web tv Independenza a réagi -via Facebook -avec encore plus de violence au papier publié sur Oumma, qualifié alors de « torchon ».

Toutes proportions gardées, l’affaire Snowden illustre, sur une échelle plus large, la cécité généralisée de certaines figures de la vie publique (intellectuels, journalistes, universitaires, militants associatifs) qui continuent de qualifier paresseusement de « complotisme » toute hypothèse audacieuse remettant en cause une version officielle ou exposant une réalité passée sous silence. Pendant des années, ceux qui dénonçaient les dangers de la puissance technologique des Etats-Unis et d’Israël en matière de surveillance électronique étaient présentés comme des doux dingues un brin paranoïaques. Edward Snowden a pourtant commencé à divulguer des faits encore plus accablants au sujet de la voracité intrusive de Washington et Tel-Aviv.

A son modeste niveau, l’impasse médiatique à propos de la connexion israélienne de Redoine Faïd illustre la terrible régression du journalisme d’investigation en France. Désormais, rechercher des informations souterraines, les exposer et en tirer des hypothèses avancées prudemment relève, pour certains, du « conspirationnisme ». La presse hexagonale, de plus en plus moribonde, n’a pas démérité sa lente agonie.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 78 autres abonnés